Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue pour une année exaltante de découverte du continent Nord-Américain et de ses attraits, du moins c'est ce que dit le programme...

samedi 16 octobre 2010

Minute pédagogique : le système politique canadien

Malgré les apparences, on m'a quand même envoyé au Canada pour bosser un minimum. C'est pourquoi j'ai décidé de joindre l'utile à l'agréable en vous faisant partager le moment, habituellement solitaire, de la révision.

Rassure toi cher lecteur, de belles photos du Parlement du Canada et de bâtiments gouvernementaux vont venir illustrer cet article pour maintenir un mince espoir que tu le lises.


Tout d'abord, pour les gens qui n'auraient pas de familiarités avec la science politique et le droit constitutionnel, je vais rappeler les éléments fondamentaux du régime canadien comme le ferait un étudiant zélé d'Olivier Duduhamel. Vous êtes prêts ? C'est parti !


Le Canada est une monarchie constitutionnelle instituée en 1867 et officiellement indépendant du Royaume-Uni depuis 1931. Attention, cela ne signifie pas que la reine ait dit son dernier mot, il lui en faudrait plus que ça quand même ! Elizabeth II est toujours officiellement chef de l'État et Reine du Canada.
C'est pour cela qu'elle est présente sur les pièces, les timbres et certains billets. Pour les Québécois, on peut comprendre que cela soit frustrant mais bon, des billets à l'effigie de René Lévesque auraient sans doute encore plus de mal à faire consensus.



Comme cette brave dame est déjà très occupée à surveiller sa famille, toujours prête à créer le scandale en Grande-Bretagne, elle délègue son pouvoir au Gouverneur Général du Canada qui réside en permanence dans le pays, alternant entre Rideau Hall à Ottawa et la citadelle de Québec.
Le gouverneur actuel est tout neuf et s'appelle David Johnston, cet universitaire a été recommandé par le Premier Ministre à la Reine qui l'a ensuite officiellement nommé.


Toutefois, son pouvoir est surtout symbolique (sauf dans quelques cas particuliers que j'évoquerai peut être un jour si vous avez survécu à cet article) le big boss, c'est le Premier Ministre qui doit cependant respecter la Constitution et l'État de Droit.


Le très controversé Stephen Harper occupe actuellement ce poste en tant que chef du parti conservateur qui ne détient toutefois pas la majorité absolue à la Chambre des Communes. C'est la seule chambre du Parlement élue par le peuple, les sénateurs étant nommés avec un rôle secondaire et surtout consultatif.

Accrochez-vous, on attaque le cœur du sujet : le Cabinet, ou Conseil des ministres si cela vous parle plus.
Il se compose des différents ministres choisis par le premier d'entre eux parmi les élus ou des gens qui auront à le devenir une fois nommés. Comme ils sont entre 20 et 40 selon les périodes (tous les groupes de la société et les provinces devant être représentés), un travail collégial risquerait d'être difficile : le Premier Ministre ne pourrait même pas démasquer les lanceurs d'avions en papier du fait du grand nombre des gouvernants.


C'est pourquoi, les Canadiens étant des gens intelligents, le cabinet s'organise en comités spécifiques qui préparent les décisions avec les ministres concernés. Le cabinet n'a alors plus qu'à valider la décision qui a été plus ou moins contrôlée par le Premier Ministre durant les précédentes étapes.


Pour aider les élus à concevoir, faire voter et mettre en œuvre les politiques publiques, la haute administration s'appuie sur 4 agences centrales, sortes d'équivalents Canadiens des Grands Corps de l'État en France :
- le bureau du Premier Ministre s'occupe de son rôle politique et partisan, de son image et de sa communication. C'est le secrétariat général de l'Élysée local.
- le bureau du Conseil Privé organise la coopération entre les différents ministères et agit comme le Secrétariat du Cabinet. Son patron, le greffier est le premier fonctionnaire du pays. Toute ressemblance avec notre Secrétariat général du Gouvernement serait bien sûr purement fortuite.
- le Conseil du Trésor examine les budgets des différents ministres et contrôle l'utilisation des crédits. On pourrait plus ou moins le comparer à la Cour des Comptes si on veut continuer l'analogie.
- le Ministère des Finances fixe la répartition des ressources et dirige la politique économique et fiscale. Non, il n'a pas les pieds dans la rivière des Outaouais, Bercy peut bien garder quelques spécificités quand même !


Pour finir, j'ajouterai simplement que la longévité des gouvernements est souvent importante au Canada, plusieurs Premiers Ministres ayant passé 15 voire 20 ans au pouvoir. En France, Sarko aurait besoin de consommer la moitié de la production nationale de médicaments pour tenir une telle durée.


Les ministères les plus cotés sont comme souvent chez nous les fonctions régaliennes : finances, justice  affaires étrangères. Oui oui, ce dernier ministère existe bien chez nous. Allez réfléchissez, le Quai d'Orsay bien sûr, dirigé par Claude Guéant, eh pardon Bernard Kouchner.

Le système Canadien, inspiré du modèle de Westminster avec une séparation souple des pouvoirs et des ministres responsables devant le Parlement semble convenir à un pays contrasté aux héritages divers même si beaucoup souhaitent encore des évolutions.


PS: sache que le système provincial est globalement régi par les mêmes principes mais je suis sûr que tu ne veux pas en savoir plus et qu'il n'y a pas de questions.

Oh le Parlement en rose, comme c'est mignon !

vendredi 15 octobre 2010

Le voyage à Tadoussac

Je précise immédiatement que même si ce séjour était destiné en premier lieu à l'observation des baleines, je n'en parlerai pas pour l'instant, faute de photos valables pour illustrer mon propos.
En effet, malgré leur taille imposante, ces bestioles se font plutôt discrètes et mieux vaut profiter du moment avec ses yeux que prendre une photo floue et mal cadrée avec un appareil trempé.


Cela dit, tous mes camarades n'ayant pas eu cette sagesse, il n'est pas impossible que je récupère un jour des photos de cétacés du fleuve Saint-Laurent, notamment des petits rorquals et des rorquals communs. Ces derniers sont les deuxièmes plus grosses créatures a avoir jamais existé sur Terre avec plus de 25 mètres de long et un poids souvent supérieur à 50 tonnes. Le terme "commun" ne signifie donc en aucune façon "baleine en solde" ou "mammifère marin de seconde main".
Si les baleines ont bien été au rendez-vous, une autre surprise est venue agrémenter le séjour, je veux bien sûr parler des fabuleuses, des incroyables, des légendaires couleurs de l'automne de l'Amérique du nord.


Certains Français seraient prêts à les voir au prix de grands sacrifices. Non, pas traverser l'océan à la nage quand même, mais presque. Dans le fond, ils n'ont pas tort car je n'avais encore jamais vu un tel spectacle végétal automnal.


Malheureusement, j'ai du avant cela endurer un réveil à 5h30 du matin pour pouvoir fièrement représenter la France qui se lève tôt et accessoirement prendre le bus avec le reste du groupe à l'université.
Un de mes concitoyens eut la mauvaise idée d'arriver une heure plus tard et n'est parvenu à destination par ses propres moyens que 5 heures après nous.



L'arrêt à Sainte-Anne-de Beaupré après la ville de Québec et les spectaculaires chutes de Montmorency nous a permis de visiter une très belle basilique, de manger dans un subway beaucoup moins joli mais nourrissant malgré tout et de voir les arbres dans leurs robes oranges, jaunes et rouges.


L"après-midi, la pluie n'a pas arrêté de tomber, rendant mon rôle de copilote un peu plus utile, ce qui est toujours pratique lorsqu'il faut justifier le fait qu'on occupe le meilleur siège, alors que des Singapouriens s'entassent sur le dernier rang de la voiture.



Pour aller jusqu'à Tadoussac, il faut franchir le fjord du Saguenay, large de plusieurs kilomètres et soi-disant peuplé de Bélugas qui n'ont pas eu la politesse de se présenter. Un bateau effectue donc la traversée mais, malheureux, n'utilisez surtout pas l'anglicisme ferry pour le désigner. Nos amis francophones du Québec préfèrent le terme traversier, qui se révèle très logique.

















Tadoussac est le premier lieu d'installation des Européens au Canada avant Québec, il abrite notamment la plus vieille chapelle d'Amérique du Nord mais aussi une auberge de jeunesse tout droit sortie des années hippies. Au moins 50% des résidents semblaient sous l'influence de substances étranges et, s'ils étaient sympathiques, ces gens ont gâché la nuit des voyageurs n'ayant pas amenés de boules quiès. Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté car mon sommeil fut très calme !





Au retour, nous nous sommes arrêtés au bord d'un lac en pleine nature pour observer encore les belles couleurs, c'était magnifique. Les contrastes n'avaient même pas besoin d'être retouchés avec Photoshop.




Nous sommes rentrés à Ottawa avec un sympathique coucher de soleil. Les chansons paillardes diffusées par notre guide amateur de cirque valaient vraiment le détour (chanter bali-balo avec un accent quebecois permettrait de s'en rapprocher plus ou moins) tout comme l'explication de la crise des subprimes par un des étudiants qui a plongé notre accompagnateur d'habitude bavard dans un silence perplexe.


Même si les baleines se sont montrées, le reste du voyage valait en lui-même largement le déplacement. Finalement, "le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt" n'est peut-être pas qu'une phrase de propagande sarkozyste, mais je ne compte pas le re-vérifier tous les dimanches !

jeudi 30 septembre 2010

Fait sur mesure

Ça faisait des années que je voulais y aller. Si vous me connaissez un tant soi peu vous pouvez sans peine vous imaginer l'attirance qu'un tel endroit peut exercer sur moi.
Pour éviter toute spéculation qui pourrait mettre en cause ma moralité, je tiens tout de suite à préciser que je parle (bien sûr) du Intrepid Air and Sea Museum.


Je trouve que le concept de ce musée est absolument génial. C'est un lieu d'exposition d'avions, ce qui est cool en soi. Mais en plus, c'est un porte-avions en retraite de plus de 250 mètres qui sert de lieu de résidence à tous ces appareils volants.


Si je critique souvent les Américains pour un tas de raisons tout à fait valables (je suis sûr que j'aurai plein de nouveaux exemples après mon prochain passage de la frontière), il faut reconnaitre qu'ils savent parfois bien faire les choses. Surtout quand ça se rapporte de près ou de loin à la baston.

Je signale au passage que nos porte-avions et nos paquebots sont désossés et envoyés à la ferraille sans le moindre ménagement. Les anglons-saxons sont vraiment meilleurs que nous pour la préservation du patrimoine maritime, mais en France personne ne s'en préoccupe vraiment.
De là à vouloir faire une Charte universelle des droits du bateau, il n'y a qu'un pas...

Pour en revenir à l'Intrepid (c'est le nom du porte-avions newyorkais), mes attentes n'ont pas été déçues. Il faut dire qu'après m'avoir fait faux bon pour cause de rénovation en 2008 et m'avoir fait payer plus de 20$ en 2010, je m'attendais vraiment à quelque chose de bien.




En entrant par le hangar, on découvre un immense espace d'exposition consacré aux diverses missions du bateau. Des attaques meurtrières des kamikazes du second conflit mondial à la guerre froide en passant par le Vietnam et la conquête spatiale, ce navire a eu une carrière très remplie.

Il a même subi des transformations importantes, comme l'ajout d'une piste oblique, à l'époque de l'arrivée des jets à réaction. C'est donc un (gros) témoin du XXe siècle, de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, que New York a accueilli sur ses quais prestigieux pour une retraite dorée que lui envierait bien le Clémenceau.


Au delà du porte-avions qui constitue une véritable ville flottante - la visite des espaces de vie et de travail permet de bien s'en rendre compte - le parc aérien de l'Intrepid est plus qu'enviable bien qu'un petit peu daté. Mais, il reste visiblement de la place donc la collection ne peut que s'étoffer, j'aimerai bien y voir un jour le F-22, le Rafale ou un Sukhoi 47 par exemple.


On retrouve sur le pont d'envol, des avions et des hélicoptères très divers offerts par différentes armées. La marine nationale a elle-même contribué avec ce beau super étendard.


S'ils sont tous intéressants et très bien mis en valeur, j'apporte une mention spéciale au F-14, connu (malheureusement) du grand public pour le film Top Gun.



Le plus impressionnant, la pièce maîtresse du musée, est selon moi le SR-71 Blackbird, grand avion noir de reconnaissance très effilé. Même si cet engin respectable a été mis en retraite anticipée par les performances des satellites modernes, il détient le record de traversée de l'Atlantique en moins de 3 heures !


Malheureusement, je ne crois pas que mon billet, même s'il coûte 20$ inclut un essai en vol, dommage je serais bien rentré en France à Mach 3 à la fin de l'année. Une telle vitesse ferait même pâlir d'envie son illustre collègue du musée, le Concorde, ou plutôt the Concorde dans le cas de celui ci.


C'est d'ailleurs étonnant de voir New York offrir une place d'honneur à un avion qu'elle a longtemps voulu abattre, mais ça c'est une autre histoire...

Pour finir, il clair que je reviendrai car je n'ai pas eu le temps de visiter le sous-marin ancré en face du porte-avions, il est très intéressant et original pour de multiples raisons. Mais, cher lecteur, si tu as tenu jusque là, je te fais grâce des explications techniques.


Je recommande juste chaudement la visite de l'Intrepid même si États-Unis obligent, le ton des commentaires est parfois résolument militariste.


Enfin ne vous en faites pas, j'ai réussi à éviter de justesse l'enrôlement de force dans l'US army. Finalement, dire qu'on est Français peut parfois servir, même aux USA !

vendredi 17 septembre 2010

Ottawa, enfin !

Eh oui cher lecteur, il est temps pour moi de présenter le cadre principal de cette année outre-atlantique. Contrairement à ce que beaucoup de Français pensent, la capitale du Canada n'est pas Montréal, ni même Toronto et encore moins Vancouver.
En informant vos éventuels interlocuteurs que cette ville est bien Ottawa, vous contribuerez ainsi à l'éducation générale de la population et en plus, les gens n'auront pas l'impression que j'ai passé mon année dans un lieu perdu lorsque je rentrerai en France.


D'accord, la ville est plus petite que les capitales européennes et se rapproche plus de son homologue états-unienne, Washington mais avec la Maison Blanche et la criminalité en moins.

 Il y a quand même de jolies maisons rouges !
Ottawa est à la limite entre les provinces du Québec à la population francophone et de l'Ontario peuplée de Canadiens anglais. L'agglomération s'étend de part et d'autre de l'Ottawa River qui fait office de frontière provinciale. Ne vous laissez toutefois pas abuser par le terme rivière car le-dit cours d'eau fait plusieurs fois la largueur de la Seine, ce qui ne semble pas impressionner les habitants du deuxième pays du monde en superficie.


En conséquence, Ottawa est officiellement bilingue, c'est probablement la ville qui respecte le mieux les deux langues officielles du Canada qui ont une place égale même si la population anglophone est plus nombreuse.

Le Québec...













et l'Ontario.
















D'un point de vue urbanistique, c'est très étendu et parcourir quelques centimètres sur la carte peut parfois être long sans devenir pour autant décourageant. Avec un peu plus d'un million d'habitants, ce n'est qu'un 36e de Tokyo et moins d'un 20e de l'agglomération de New York !


En tant que capitale fédérale, Ottawa concentre les édifices gouvernementaux et administratifs mais surtout les musées nationaux qui rendent la ville très attrayante pour la culture. Je vous en reparlerai sans doute un peu plus tard quand j'aurai commencé les visites.

Le célèbre (au Canada en tout cas) musée des civilisations.
Pour conclure et avant d'entrer plus dans le détail dans de futurs articles, voici l'édifice majeur de la ville, le Parlement du Canada. Ce bâtiment de style néo-gothique est très impressionnant car il domine la ville depuis une colline surplombant la rivière et en plus il se visite !